L’Intégrale du Brouillard

Vous voulez savoir ce que ressent un alpiniste lorsqu’il entreprend une grande course? Bien. Alors arrêtez-vous 2 secondes, lâchez l’insipide feed de votre mur Facebook, et commencez à lire cette absurdité d’article que je viens d’écrire. Riez, pleurez, jugez, faites ce que vous voulez. Réagissez juste d’une façon ou d’une autre.

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Le lac des Marmottes, sur le chemin de l’approche. Le paradis existe, et il est ici-bas!

L’intégrale du Brouillard offre tous les ingrédients d’un cocktail d’aventure: engagement conséquent de plusieurs jours dans la face Sud du Mont Blanc, arêtes rocheuses longues, élancées et délitées, arêtes mixtes délicates, arêtes neigeuse effilées, grimpe traditionnelle engagée dans un terrain « interactif » (pour citer Philippe Duhamel), dry-tooling à protéger, face de neige fastidieuse, bivouacs à 4’000 m, rappels… Le tout dans un environnement austère et sauvage. C’est dans cet environnement que l’on retrouve la solitude absolue, le froid, la peur, et les doutes. Et là, vous vous dites:  » il te manque un boulon mec ». Ouais, carrément. Pourquoi s’engager dans un tel voyage? Parce que celui qui ne risque rien ne gagne rien. Si c’est ça le prix à payer afin de se délasser du son du silence, de flirter avec le théâtre de la lumière, et bien nous, alpinistes, nous sommes prêts à nous engager. Au final, l’alpinisme est une affaire d’évolution personnelle. Nous sommes, comme tous, à la recherche de l’ascèse, cette paix intérieure, cet apaisement de l’âme. Chacun de nous se doit de trouver ce qui le fait vibrer. Nous, c’est l’alpinisme. Cette activité taxée de « sport téméraire » par les assureurs. Ca tombe bien, nous, on ne compte que sur nous-mêmes pour nous assurer.

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Les rochers des Aiguilles Rouges du Brouillard.
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Mat en action.

Je ne connais pas bien Mathieu. Mais le mec est solide. Plusieurs courses engagées dont la face Nord des Drus, face Nord du Cervin, Intégrale de Peuterey, et blabla. L’entente est bonne, et je décide donc d’aller tenter l’aventure avec lui. La complicité s’installe, les manipulations de corde sont fluides, et nos conclusions d’analyse de situations délicates sont convergentes. On parle la même langue, celle des alpinistes qui aiment s’engager, se mettre dans le rouge afin d’atteindre cet état d’âme dénudée, celle qui te permet de remettre de l’ordre dans tes priorités de vie. De réaliser tes rêves. Car rêver, c’est vivre deux fois: une fois en imaginant, une fois en réalisant. Qui n’a jamais rêvé de vivre deux fois?

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Vue sur le mont Blanc de Courmayeur (4’748 m.), depuis les Aiguilles Rouges du Brouillard.

On part à deux voitures. Il parque à Chamonix, et on traverse le tunnel du mont Blanc avec mon van. Le but étant de traverser le mont Blanc comme des grands, et de récupérer la voiture de Mat une fois revenu sur Chamonix, revenir côté italien pour récupérer mon California, et repartir à la maison. L’alpiniste moderne est comme ça: une chiée de route pour atteindre un coin perdu, commencer à traverser un massif en passant par le sommet et revenir. D’un point de vu logico-pragmatique – dicté par les principes sacro-saints du « risque zéro », de l’utilité matérialiste et de la logique du profit à tout prix – on atteint le sommet de l’inutilité. Vous noterez que c’est tout de même un sommet. Nous sommes les « conquérants de l’inutile », comme le disait Lionel Terray. Gravir les montagnes n’aide pas à éradiquer la faim dans le monde, ni trouver un traitement contre le cancer, et encore moins d’éviter les guerres. Mais nous, on est le genre de types qui te disent que faire ce genre de truc, c’est la base de l’alimentation. Plus c’est inutile, plus c’est beau.

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Mat en pleine introspection psycho-transcendentale.

On parque à Peuterey, on boit des binchs pour se mettre bien, on avale 3’000 kcal de cacahuètes chacun, et on s’allonge 4h avant d’attaquer le gargantuesque itinéraire de l’Intégrale du Brouillard. 4’000 m. de dénivelée positive sur 8km d’arête afin d’atteindre le sommet du mont Blanc.

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La montagne ça pique!

Il faut un doctorant en économie et un postdoc en mathématiques pour réaliser que l’on aurait dû se parquer à Freney la veille et non pas à Peuterey. Ok, à nous entendre et nous voir, ça fait peur. Le ravage qu’a fait le manque chronique d’oxygène sur nos cerveaux de moineaux dû à nos multiples tentatives d’atteindre la barre des 4’000 m ne prêche pas en notre faveur.  Bref, on perd bien 1h30 à marcher alors qu’on aurait pu simplement rouler quelques km de plus. On est pas à ça près de toute façon. On est là pour en chier un max, on sera servi.

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Les rochers interactifs.

On décolle à 5h du matin après un bon café de hypster zurichois (merci Irina). La montée pour rejoindre l’arête du Brouillard est une véritable pénitence: des mottes d’herbes alpines de 50-60cm qui te font squatter un max les cuisses en butée sur 1’000 mètres de dénivelée. On monte fort et vite, attirés par le charme des Aiguilles Rouges du Brouillard, demoiselles qui te font plier n’importe quel alpiniste. On ne pause pas, on est hypnotisés par la beauté et le caractère sauvage des lieux. C’est presque sexuel tellement c’est attractif.

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Vue sur la Noire de Peuterey.

On commence enfin à grimper. On ne s’encorde pas, la grimpe est facile et peu engagée. On gagne du temps. Le rocher est sain (pour le moment). On décide finalement de s’encorder lorsque l’on perçoit que cette arête n’est qu’un gigantesque tas d’éboulis interactifs qui ne demande qu’à ce que tu partes avec un gros frigidaire de granite. La vue sur l’Intégrale de Peuterey impose le respect. La vue sur cette course d’anthologie nous fait l’effet d’une piqure de rappel, celle qui te rappelle ton côté insignifiant et éphémère. Nous étions hombre et poussière, et nous retournerons ombre et poussière. Ce genre de sensation te rappelle que tu n’es qu’un clin d’oeil face à l’éternité orographique de la nature. Celle même qui vient détruire ton ego, celui que la société t’a forcé à construire pour te sentir vivre. Nous, on le démonte. C’est ça qu’on est venu chercher ici.

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Quand le soleil te parle.

On avale 3’000 m. de dénivelé le premier jour, dont 2’000 d’arêtes. A 17h, on arrive finalement sur le contrefort du sommet du Brouillard (4’061 m.). On fait une sorte de sieste sans vraiment s’endormir, et on commence à faire fondre de la neige pour récupérer les 36 litres que l’on a perdus en chemin. Détail: je réalise que le matelas de sol que mon pote Luigi m’a prêté est troué. J’ai pas pris ma natte de pauvre, puisque Luigio ma vanté son matos ultra light et super confo. Je vais passer une bonne vieille nuit, je m’en réjouis. J’étends tant bien que mal la corde au sol en guise d’isolation. Mais tout alpiniste qui a déjà entrepris cette action sait bien que le placebo, c’est beau, mais faut arrêter de déconner, c’est vraiment une technique d’alpinistes de l’ex-union Soviétique.

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T’es prêt à dormir? Vas-y, essaie.

Le coucher de soleil tarde à venir, mais je reste réveillé, blotti dans mon cocon de plumes, toutes mes couches d’habits et mon sac de bivouac. « On se la joue fast and light? », disent-ils avant de partir. mais ouais mon gars. C’est tellement classe… Ben ouais gros con, une fleece en plus et un bas de collant ça t’aurait pas fait de mal!

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Quand le silence te parle, tu écoutes. Et c’est à toi t’interpréter ce qu’il a à te dire.

La lumière crie. Ses éclats me séduisent à l’image d’une sirène appâtant les pauvres marins dont le sort macabre est encore inconnu. Mon mont blanc, je t’aime. Je viens te rejoindre, quel qu’en soit l’issue. Laisse-moi te gravir. Laisse-moi caresser tes flancs. Laisse-moi te murmurer mes mots doux. J’en ai besoin. En voyant tes rochers délités et la face que l’on s’apprête à gravir le lendemain, j’ai peur. Et pourtant, tu en vaux largement la peine. Je suis prêt à te donner ma passion, même si je sais que tu peux, d’un seul geste, anéantir ma petitesse. Ton humeur est si changeante, tes envies si volatiles. Tu me contrastes, et c’est exactement pour ces raisons que je te porte dans mon coeur. Voilà comment on met à genoux les guerriers de la lumière. Derrière chaque conquérant se trouve sa kryptonite, sa faiblesse, son pathétisme, son insignifiance. Et pourtant, j’ai cette envie irrésistible de te considérer comme la mienne.

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Loin de la maison, mais si proche du coeur. Elève-toi, vers plus haut que toi-même.

Il est 4h. On se lève. J’ai passé la pire nuit de ma vie. Je ne suis pas de nature frileuse, mais le manque d’isolation au sol a glacé les tréfonds de mon âme. Je suis presque aux portes de hypothermie. Mon coeur bat fort. Je me lève, je fais quelques squats, je pense à ceux qui m’aiment. Je les aime en retour. Ca va mieux. On mange chaud, on se prépare, et on se transforme en souvenirs.

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Mat est prêt à partir.
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La chose qui nous maintient en vie.

L’arête menant au Col Emile Rey est facile mais délivre son lot d’engagement. Nous sommes seuls au monde. L’alpiniste est l’homme qui vient chercher cette solitude. Cette solitude dans laquelle tu te demandes où se trouve ton propre moi. C’est notre nourriture spirituelle, notre propre façon de nourrir notre âme.

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« So are the techniques of enlightenment ». (Jedi Mind Tricks)

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Passé le col, on repère l’attaque de la partie grimpante: une escalade mixte dont la qualité du rocher laisse à désirer. Les premiers pas sont surplombants, mais se laissent grimper par coincements de lame successifs. Les protections se placent sans trop de problèmes, hormis l’aspect plutôt psychologique de leur utilisation: Placebo mon gars, c’est fou comme avoir une corde et un friend t’aide à calmer ton esprit qui ne connaît qu’une seule cadence, le galop. Faut dire que grimper dans un empilement de frigidaires de granite instable, y a mieux pour se mettre à l’aise. Une section sur les 30 premiers mètres, bien athlétique, me donne du fil à retordre. Un bon M6 bien péteux qui demande une vigilance permanente afin de trouver des coincements de lame solides et fiables. Ici, l’escalade libre est cotée 4b… Et bien je peux vous dire que je n’ai jamais grimpé un 4b aussi dur… Bon, faut dire que non seulement la voie a été cotée à une époque où le 7e degré n’existait pas encore, mais que vu la qualité du rocher, ce n’est pas exclu que 2-3 bonnes prises soient parties depuis. Bref, on décide de grimper cette longueur en dry-tool-style au lieu d’y aller en libre. C’est le bon choix, puisque le rocher est littéralement trempé par un écoulement permanent de flotte de fonte provenant de la face de neige plus haut (vous auriez donc noté que le seul truc dry dans cette grimpe, c’est le style d’ascension).

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Les piliers Rouges du Brouillard.
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Mat après le passage clé.

Je me trompe d’itinéraire, et prends un dièdre écaillé déversant sur la gauche. Quel con, je fais un runout de 15m avant de réaliser que je suis en train de grimper dans ce qui pourrait s’apparenter à un M7 péteux et improtégeable. Je mets une sangle sur un becquet qui ne tiendrait pas la chute de ma petite soeur de 7 ans, avant de placer un cablé sur une fissure en V branlante et commencer à engager la désescalade la plus téméraire de ma vie. J’installe un relais et fais monter Mat. En passant le crux, mon compagnon déverrouille un micro-onde de granite qu’il prend sur la cuisse gauche. Heureusement, face à Mat, les jambes de Didier Cuche sont comparables à la version anorexique de Barbie. Il fini malgré tout par prendre un plomb sans conséquences. La suite est amusante. Après 2-3 longueurs sur un terrain aussi stable que les fondations des bâtiments de Bagdad après « Tempête du Désert », on finit par rejoindre une mignonne goulotte pas si mignonne que ça lorsqu’il s’agit d’escalader un terrain mixte à mi-chemin entre les chutes du Niagara et les sorbets nature que l’on trouve sur la plage d’Ipanema. Une dernière écaille version douche tropicale et on sort des difficultés grimpantes.

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« Desire is like licking honey off the blade ».

Place à la face de neige afin de rejoindre la Pointe Louis Amédée (4’469 m.). Superbe sommet présentant un emplacement de bivouac 5 étoiles. On continue avec un rappel de 25m, on enchaîne avec un loooong bout d’arête présentant un rocher nettement plus sain et de superbes sections d’arête rocheuse élancées et effilées. Quelques heures plus tard, on rejoint la jonction avec l’Innominata après être passés par de superbes arêtes de neige bien effilées. On voit enfin le mont Blanc au loin. Mais avant, il s’agit de passer par le mont Blanc de Courmayeur (4’748 m.). C’est mort long. On est secs. On finit par atteindre le sommet du mont Blanc (4’810 m.) à 19h après 14h de grimpe, un snikers et un demi paquet de Dar vida au gruyère comme seul carburant (régime efficace, je le conseille avant l’été pour toutes et tous). Sommet du mont Blanc. Seuls. Pas une âme. Juste avant le coucher du soleil.

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Une plateforme vers la lumière. Sommet du mont Blanc (4’810 m.).
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Le selfie obligatoire des bofs au sommet.

On descend par l’itinéraire des 3 Monts, pour arriver à 23h00 au refuge des Cosmiques. Bien sûr, plus de places. On dort à même le sol dans le vestiaire, avant de se faire réveiller 2h plus tard par des accents parigos munis de GoPro sur le casque. Ils partent pour la voie normale du mont Blanc, probablement. Ils ne manquent pas de m’envoyer leurs godasses dans les dents et de me filmer en commentant: « Ah mais le pauvre tchétchène qui arrive même pas à se payer un lit! ». J’ai envie de rire de ma propre situation, mais j’en ai même pas la force. Je leur souhaite intérieurement une bonne course avant de m’effondrer dans les méandres de ce qui me reste de dignité. La montagne, c’est beau.

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Mat à genoux, exténué. Le refuge des Cosmiques est encore loin.
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Coucher du Soleil sur l’épaule du Tacul.
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Les Aiguilles du Diable, épées dressées vers l’impénétrable plafond céleste.
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Sur la frontière entre le jour et la nuit…
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7 réflexions sur “L’Intégrale du Brouillard

  1. Verney

    P***** quelle chance! Je rêve de pourvoir un jour gravir le MB par une de ces fameuses voies italiennes. Merci pour ton récit, tes photos. Tes émotions et tes commentaires sur l’alpinisme, les raisons d’en faire et sur cette quête de la recherche de soi me rappelent mes propres interrogations. Encore bravo pour cette magnifique bambée et bonne continuation.

    Aimé par 1 personne

  2. bobo

    merci… ce récit est formidable , un bon moment dans votre trip . Une seul erreur , je cite : selfies de beauf ( ça vient de beau frère façon Cabu, ensuite la chanson de REnaud , avant qu’il déraille ) plutôt que « bof » , bof c’est bof . signé : un tonton du Mat !!

    Aimé par 1 personne

  3. GILLES LE BRECH

    Votre très intéressant récit me rappelle beaucoup l’arête de l’Innominata faite débur octobre 1975 avec un copain, un dur à cuire – trop dur à mon sens – sur la recommandation des « 100 plus belles » de Rebuffat qui écrivait : »il faut y aller en automne pour bien profiter de cette arête ! »
    Nous étions partis de Lyon, tunnel, val Ferrey, refuge Monzino vers 14 h, bivouacs Eccles à la nuit 21 h complètement vannés. Le lendemain attaque à 8 h, sommet mont Blanc à 20 h 30, nuit noire pour descendre la voie normale, mon copain paume son piolet, finalement on dort à Vallot dans des espèces de serpillères glacées. Enfin, troisième jour redescente par la voie du Pape, avec l’unique piolet et le dédale des crevasses merdiques d’octobre, bref on arrive en bas à la nuit une nouvelle fois. Et de retour à Lyon je me précipite à l’hôpital parce que j’ai le pouce du pied droit gelé ; je le récupérerai bien rose et vivant un mois plus tard.
    Il me semble que les longueurs d’escalade de l’Innominata étaient bien moins craignos que celles que vous avez parcourus ; ça reste tout de même de sacrées bambées et me fait aujourd’hui des souvenirs innoubliables. Quant aux interrogations existentielles, elles m’ont poursuivis tout au long de ma carrière alpine, place maintenant à la rando et la via ferrata.
    Merci

    Aimé par 1 personne

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